Le programme d’apprentissage de la mindfulness (ou de la méditation pleine conscience) est une méthode psycho-corporelle qui peut être utilisée pour différentes applications, en particulier pour l’optimisation de la santé physique et psychique.

Ce programme est issu de la rencontre de la tradition philosophique orientale, avec les pratiques de méditation issues de l’Inde et ensuite répandues sur tout le continent asiatique et de la recherche scientifique occidentale à travers les neurosciences (voir article méditation et neurosciences).

La pleine conscience est un état de conscience naturel que nous pouvons apprendre à développer notamment par des exercices de méditation qui demandent de porter son attention intentionnellement au moment présent sans jugement sur l’expérience qui se déploie, moment après moment, comme l’a défini Jon KABAT-ZINN en 2003.

Le « bien être » est d’abord bien « être »

La méditation pleine conscience est maintenant utilisée pour apprendre à mieux gérer le stress et la détresse émotionnelle souvent associés aux maladies chroniques : douleur chronique, anxiété chronique, insomnie, problèmes de comportements alimentaires, ainsi que la prévention des rechutes dépressives.

Dans la douleur chronique, la Pleine Conscience permet une réduction de la détresse émotionnelle, des symptômes psychologiques et de l'incapacité fonctionnelle (Kabat-Zinn et coll., 1985). Ces bénéfices sont stables jusqu’à quatre ans après la prise en charge (Kabat-Zinn et coll., 1987).

La Pleine Conscience est efficace pour minorer le stress, l’anxiété, la dysphorie, et elle améliore l'empathie, le sentiment et la capacité de contrôle personnel (Astin, 1997 ; Shapiro coll., 1998). Speca et coll. (2000) ont testé la Pleine Conscience auprès de patients souffrant de différents cancers. Les résultats montrent une réduction respective de 65 % de la perturbation de l’humeur et de 35 % des symptômes de stress, le temps de pratique de la méditation étant corrélé aux bénéfices éprouvés. Teasdale et coll. (2000) ont testé la Pleine Conscience auprès de patients déprimés en rémission depuis peu. Cette pratique combinée à la thérapie cognitive réduit de moitié le taux de rechute dépressive pour les personnes ayant présenté trois épisodes ou plus. 

La MBCT (Mindfulness Based Cognitive Therapy, thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour prévenir les rechutes dépressives) est une approche qui intègre des techniques de thérapie cognitive avec la pratique de la méditation. Développée par Zindel Segal, John Teasdale et Mark Williams, elle est destinée notamment à prévenir les rechutes dépressives chez les personnes en rémission. En présence d'un état de tristesse transitoire, celles-ci ont en effet tendance à réactiver des pensées et émotions négatives pouvant déclencher une rechute.

La MBCT vise la prise de conscience de ce mode de fonctionnement de l'esprit, et favorise la construction d'une nouvelle attitude à l'égard de ces pensées et émotions. Les pensées sont alors vues comme des événements mentaux, indépendamment de leur contenu et de leur charge émotionnelle. Cette approche permet donc de se tenir à l'écart des ruminations négatives et de se déconnecter de la spirale conduisant à la rechute dépressive.

La pleine conscience (Mindfulness) a été adaptée des pratiques de méditation traditionnelles qui trouvent leurs origines dans le bouddhisme Theravada et Mahayana, en Inde depuis 2500 ans.
Les descriptions occidentales modernes du concept dans la littérature scientifique sont consistantes avec les conceptualisations bouddhiques traditionnelles de la pleine conscience. De fait, les pratiques méditatives sont de plus en plus utilisée dans le champ de la santé, physique ou mentale, et font l'objet de nombreuses recherches appliquées. Issue de traditions millénaires, la Pleine conscience s'inscrit donc dans le monde contemporain et est proposée aujourd'hui comme une "méditation laïque", détachée des aspects religieux de ses origines.